Restauration de La jeune fille & la Mort de Gabriel Metsu


Tests de nettoyage





Détail après nettoyage


Photo après nettoyage

Photo après retouches


Format : 42 x 30 cm

Le support de ce tableau est une toile tendue sur un châssis ancien, en bois résineux, à clé, chanfreiné et biseauté en bon état, dont il manque une clé et dont une clé est cassée. Les inscriptions G. Metzu (traverse) et « 271 » (montant senestre supérieur) sont inscrits à la plume, « N°13 » est inscrit à la craie sur la traverse.

Le revers est très empoussiéré (scrupules) ; les traces d’une ancienne infestation d’insectes xylophages (non active) sont visibles (trous de vrillettes et galeries empoussiérées)

La toile visible au revers est ancienne (XIXe) ; il s’agit d’une armure toile, à fibre de type lin ou chanvre épaisse et irrégulière (13 fil/cm en trame, 17 fil/cm en chaîne). Les bords sont recouverts d’un papier de bordage ancien, masquant les semences qui apparaissent oxydées.

Le vernis est irrégulier et oxydé. Il s’agit d’une résine naturelle (Résine Mastic ou Dammar). Le vernis est soluble avec des solvants à la polarité inférieure à Fd=66 et fortement soluble pour Fd=55. La résine se solubilise mal dans les esters, mais très bien dans les alcools et les cétones. La rétention de la méthyl-éthyl-cétone (butanone-2) étant plus faible (0 mg de résidus après 5 heures) que celle des alcools (1mg de résidus après 30j pour l’éthanol), nous choisissons ce solvant pour supprimer les repeints et alléger le vernis.






Ce tableau a été rentoilé au XIXe siècle, en France. Le papier de bordage utilisé pour cette opération permet de la dater après 1807. En effet, on peut lire :

"D. L'avarice

R. Oui puisque [...]faire violence"


Il s'agit de la page 72 du Catéchisme à l'usage de toutes les églises de l'Empire français, ouvrage publié à Paris chez la Veuve Nyon , imprimerie Mame, en 1807. Les restaurateurs choisissaient les papiers de bordages en fonction de la qualité du papier, sur des ouvrages publiés en grande quantité (ce n'est pas la qualité du texte, ici les commentaires des pêchers capitaux, qui prévalaient pour le choix)...

Le format a été légèrement transformé lors de cette opération (agrandissement des bordures latérales.



Restauration du Portrait d'Antoine Perrenot, Cardinal de Granvelle





POrtrait du Cardinal de Granvelle, état avant restauration


Portrait du Cardinal de Granvelle, état après restauration



« Ce n'est donc pas le prince d'Espagne qui est derrière Simon Renard,


mais le cardinal de Granvelle.


Et derrière celui-ci, plus loin encore,


dans l'innommé et le non localisé,

il y a l'empereur : Charles Quint »


(Victor Hugo, Hernani)









Le cardinal Antoine de Granvelle (1517-1586), succède à son père Nicolas Perrenot (1486-1550), comme Premier Conseiller de l'Empereur Charles Quint, et joue un rôle majeur au service des Habsbourg. Grand homme d'État, mécène et collectionneur, il complète les collections commencées par son père : sa collection a en partie comporté les artistes préférés des Habsbourg, tels que le Titien (voir le portrait de son père et de lui même) ou Leone Leoni, mais également Pieter Bruegel l'Ancien. Il rencontre aux Pays Bas Antonio Moro (voir son portrait et celui de son Nain par Moro conservés au Louvre) et le présenta à la cour de Madrid; il sponsorisa également Giambologna et se charga de sa première visite en Italie.




Antoine de Granvelle par Antonio Moro.



Gravure au burin de Nicolas III de Lamessin, d'après Lambert SUAVIUS


(MBA de Dole 2e moitié du XVIIe)




Il existe de nombreux portraits du Cardinal; les plus célèbres sont ceux exécutés par Antonio Moro (en 1549) et Le Titien (en 1548, conservé au Nelson Atkins Museum, 111.3 x 88.27 cm, Kansas City);






Il existerait un portrait du Cardinal par le Bronzino au Musée de Besançon (Correspondance de la Gazette des Beaux-Arts, septembre 1860 p.57)




Entre 1835 et 1840, Louis-Philippe commande son portrait à Ernest Meissonier pour son Musée Historique (32x26 cm, Conservé à Versailles). Une autre version a été peinte par Albert Gregorius en 1834-1835 (69x55cm, Versailles).





MEISSONIER, Cardinal de Granvelle (1840)





Jusqu'à une époque récente (reproduction du Cardinal de Granvelle sur des vitraux XXe en Belgique):



 Spaensche tirannye in Nederlandt : Soulèvement des Pays Bas contre la tyrannie espagnole, avec la représentation du Cardinal de Granvelle dans le médaillon de droite.




Sa représentation en habit de Cardinal, avec sa barbe et tenant un livre existe sur une gravure (ci-dessous), dont une gravure est " la représentation du tableau de Besançon"






Et sur l'huile sur panneau de bois qui est aujourd'hui à l'atelier...



Ce dernier portrait représente donc le Cardinal en 1565-1575 (Portrait de Gaetano). Voir http://artic.ac-besancon.fr/Histoire_geographie/BJacquet/autres/granvelle.pps#278,1




Le cardinal est identifiable grâce à ses armes. Il est représenté en homme de Lettres et Mécènes, avec la représentation de deux livres reliés (voir sa bibliothèque, à Besançon); L'auteur du portrait évite pourtant de représenter ses bagues à l'anulaire et à l'auriculaire de la main gauche (voir les portraits du Titien et de Moro);


Le dessin est précis (le dessin sous-jacent est visible sous les traits du visage) et la touche fine; le panneau de bois est mince (amincit au XIXe?), biseauté. Peu d'indice nous permettent de dater avec exactitude ce portrait, mais la technique d'exécution et le réseau de craquelure laissent penser qu'il s'agit d'une représentation du XVIIIe siècle. Il pourrait s'agir d'une copie ou réduction du portrait du Musée de Besançon;

Un décrassage aqueux a permis de supprimer quelques crasses superficielles, le vernis a été allégé à l'aide de solvants organiques neutres (mélange majoritaire de Méthyl-éthyl-cétone). Après évaporation totale des solvants, un vernis à base de résine naturelle Dammar a été appliqué au spalter, puis pulvérisé.

La présentation après traitement est satisfaisante, mais l'aspect "granuleux" de la couche picturale n'a pas changé, puisqu'il s'agit d'un phénomène de litargeage : saponification des ions métalliques utilisés comme siccatifs avec les acides gras de l'huile: les micèles de sels métalliques s'agglomères pour donner ces granulats que l'on appelle protubérances de lithargeage (la litharge est l'oxide de plomb utilisé comme siccatif dans les huiles).



Les cavaliers







Détail avant traitement


Détail après traitement











Ce petit format présente un vernis de résine naturelle légèrement oxydé. Ce vernis est homogène et peu épais.





Un test de solubilité du vernis est réalisé : en évaluant la polarité de la résine, nous pouvons trouver le mélange de solvant le plus adapté, présentant le plus d'inocuité pour la couche picturale.








La polarité est évaluée grâce à des mélanges de polarité connue: il s'agit ici de mélanges de Ligroïne (polarité très faible) et d'éthanol (polarité forte).








La ligroïne seule n'a aucune action sur la résine. Une action trop légère est obtenue dans une proportion L 90/Eth10. Le mélange L80/Eth20 est intéressant. Les proportions L70/Eth30 et L540/Eth50 sont trop fortes, et risquent de supprimer totalement le vernis.








En choisissant le mélange L80/Eth20, nous pouvons garantir un allègement de la résine, en conservant une partie du vernis original.

Fenètre de nettoyage: l'allègement du vernis permet de retrouver l'harmonie colorée (ici dans le ciel).




trous de vrillette dans le cadre...

Portrait de Jeune Femme anonyme XIXe

avant

après

Cette œuvre apparaît sombre et en état de présentation médiocre. En réalité, elle a été restaurée de façon abusive et elle porte aujourd’hui les traces de cette intervention :
- la partie droite du portrait est entièrement repeinte avec une peinture grise appliquée en aplat qui plombe la composition. ce surpeint est composé de peinture à base de résine polymère synthétique.
- un vernis épais et oxydé, à base de résine naturelle recouvre la surface de l’œuvre et désaccorde l’harmonie et les contrastes
- un rentoilage, semble-t-il abusif, a été effectué pour modifier légèrement le format. Le châssis au revers n’est pas le châssis original.


Un test de solubilité aux solvants organiques neutre permet de déterminer quels produits permettrons d’alléger le vernis et de supprimer les repeints. Les zones suivants ont été dessinées:


  • suppression du repeint à l'aide d'un gel d'acétone

  • allègement du vernis à base de mélange d'ester (acétate d'éthyle) et d'alcool (éthanol)